Mairie de Champagné-Saint-Hilaire
Le petit patrimoine rural peut être défini de la façon suivante: c’est l’ensemble des biens matériels et immatériels, cultures et naturels, transmis entre les générations.
A ce titre le patrimoine intègre les maisons, rues et places, les villages, les fours à pains, le patrimoine lié à l’eau, les fours à chaux, les pigeonniers…
Le patrimoine rural constitue ainsi un bien qui appartient à l’ensemble de la collectivité, il est le résultat des actions passées par l’ensemble de la société rurale, il convient de souligner que ces petits édifices ne sont pas protégés au titre des monuments historiques et de ce fait fragilisés par les aléas de l’aménagement du territoire, de l’oubli, de l’abandon et parfois de la destruction .
Ils sont partie intégrante de notre quotidien, souvent ils nous accompagnent sans que nous ne leurs portions attention, mais nous font défaut le jours où ils sont amenés à disparaître.
Ils sont une empreinte des anciens, leur protection et leur valorisation requièrent l’implication de tous les acteurs et la prise en compte de tous les habitants de l’espace rural, élus et administrés, agriculteurs et sylviculteurs, résidents permanents et touristes…
Il n’est pas possible de présenter une liste exhaustive de tous le patrimoine rural de Champagné-Saint-Hilaire, par contre il est tout à fait possible d’en présenter un partie en utilisant les thèmes suivant: le patrimoine lié à l’eau (puits, citernes, fontaines, lavoirs), les pigeonniers, les fours à pains, les fours à chaux, les croix.
PATRIMOINE LIÉ A L’EAU
Les puits, les citernes
Elément indispensable à la vie quotidienne, les puits ont été implantés au plus près des habitations, dans la cour d’une simple ferme comme dans une rue. L’eau à influencé l’installation de l’homme. Dans certains villages où il n’était pas techniquement possible d’avoir des puits, où la nappe phréatique est trop profonde, les habitants ont installé des citernes enterrées, montées en moellons maçonnés en encorbellement, ces dernières atteignent en règle générale au moins une vingtaine de mètre cubes d’eau.
La fontaine
C’est une construction qui permet de faire jaillir les eaux amenées par canalisation ou jaillissant d’une source. Elle ont joué un rôle important dans l’implantation humaine et dans la vie des hommes, et ce, particulièrement avant l’arrivée de l’eau potable dans les foyers.
A noter que l’eau de la fontaine s’écoule à la surface du sol, c’est pourquoi elle est souvent récupérée pour alimenter un lavoir.
Le lavoir
Le lavoir est un lieu aménagé où on lave le linge. Quand ce ne sont pas quelques pierres qui servaient de pierres à laver, c’est un édifice façonné en moellons ou parfois totalement cimenté. Le fond des bassins est dallé ou enduit pour faciliter le nettoyage, une vanne permettant de réguler la profondeur de l’eau.
Les lavoirs se sont développés à Champagné au XIXe siècle quand l’hygiène a pris une réelle importance dans la société.
LES PIGEONNIERS
Les pigeons étaient élevés non seulement pour leur chair, mais aussi pour leur fiente, très riche engrais: la colombine. L’homme a donc, comme pour les autres animaux domestiques (porcherie par exemple) construit ces pigeonniers pour permettre aux oiseaux de pondre et couver leurs œufs à l’abri des intempéries et des prédateurs
C’était aussi l’occasion pour le propriétaire de marquer sa prospérité, d’affirmer son rang social. Il n’est pas rare de voir sur de modestes façades de maisons des trous d’envol en tuiles, en pierres taillées, plus rarement en terre cuite, intégrés à la maçonnerie, on peut aussi en trouver sous forme de boîtes en bois.
LES FOURS A PAIN
Le pain était l’aliment de base de la population. A partir du XIXe siècle, les constructions de fours à pain se multiplient: c’est un ouvrage de maçonnerie vouté en coupole à l’aide de briques, muni d’une ouverture sur le devant, «la gueule» avec ou pas une porte où l’on enfourne les pains à faire cuire et tout autre met . Les fours étaient généralement communs, seuls quelques fours dits familiaux se trouvaient être privés.
Les fours sont parfois composés d’un fournil qui permet de travailler à l’abri des intempéries, d’entreposer la pâte en attente et les miches cuites.
LES FOURS A CHAUX
Champagné Saint Hilaire bénéficie de la vallée du Clain, qui présente un sol riche en roche calcaire et donc à ce titre possède cinq fours à chaux.
La chaux est fortement utilisée dans le bâtiment en gros œuvre et second œuvre, il sert à la maçonnerie comme liant, comme enduit, le badigeonnage etc.
On utilise également la chaux pour amender la terre: une partie du territoire de Champagné est constitué de terre rouge à châtaigniers (terre acide), le fait de pratiquer le chaulage permet d’améliorer la qualité du sol, rend plus poreuse la terre argileuse et sert à l’alimentation des plantes.
Ce sont des fours verticaux avec en leur milieu une large cheminée par laquelle on effectuait le chargement alternant couche de charbon et couche de pierres calcaires. On récupérait ensuite la chaux à la base du four au niveau de la porte.
LES CROIX
S’il est bien un petit patrimoine omniprésent dans nos campagnes, ce sont les croix.
Héritage d’une tradition religieuse d’au moins 2000 ans, ces petits vestiges ponctuent discrètement nos paysages; croix de chemin, croix de carrefour, de cimetière, en pierre, en fer, en bois (avec un Christ), avec des inscription (Croix de la Fontenille).
Notre tour d’horizon met en avant seulement quelques éléments du petit patrimoine; comme il était écrit précédemment la liste est non exhaustive, Champagné Saint Hilaire ne s’est pas construit en un jour, aussi il faudra du temps pour peaufiner cette liste et constituer un inventaire sérieux.
Photos et texte: Christophe Archambault